Dans ce troisième chapitre, vous entrez avec Solange dans l’univers merveilleux et délicieux des Poètes sans fils.

Vous découvrirez les mots élixirs, la magie des liens, les trois portillons, le Dragon, la violence tapie qui se réveille de mauvaise humeur…

Comme Solange, ce maelstrom qui gravite autour d’un cœur enchanteur va-t-il vous donner le tournis ou vous faire tomber en bas de votre chaise? En tout cas, souhaitons que vous n’aurez pas les foufounes endolories comme elle.

 

La rouspéteuse de broue, la chamane de rue et les Poètes Sans Fils

 Je me suis penchée vers elle et j’ai frappé légèrement la table avec ma main en la regardant droit dans les yeux.

— Marie, vous ne m’avez toujours pas dit pourquoi vous voulez déterrer les évènements que vous avez vécus à Rocheville soixante-ans plus tard? Et puis pourquoi ne pas l’avoir fait avant?

Bien sûr, elle a répondu dans la marge! 

— D’où j’viens Solange, l’avant et l’après sont pas au programme. L’instant spontané qui s’étend à perpète est une fête sans couvre-feu.

Si c’était vrai, je l’enviais d’habiter sur une planète aussi alléchante. Mais elle devait bien savoir qu’ici la félicité permanente n’est pas inspirante pour un écrivain.

— Oui mais encore? Ici le temps compte, alors pourquoi cette histoire maintenant?

Elle a chantonné tout bas sur l’air de ‘Le temps des cathédrales’ de Notre-Dame de Paris : ‘Il est venu le temps de désamorcer les mines antipersonnel, sinon tout le monde va s’asphyxier, tout le monde va s’faire sauter. Puis elle a ajouté :

— C’est le temps ou jamais d’être toutt peau à peau dans le même bateau pour mijoter un monde meilleur. Pour ça, y faut enlever le vernis sur son cœur et lui rendre ses ailes. Pis si on bannit son besoin des autres, on est toutt bannis du paradis terrestre, ça va toutt tomber à l’eau.

 Je n’ai rien ajouté. Ce mélange inusité de mots et de mélodie m’a replongée dans l’atmosphère du ‘Faites l’amour, pas la guerre’ de ma jeunesse. Désabusés par notre impuissance à changer les choses, on avait fini par trouver fleur bleue ce ‘Flower Power’. Jamais je croirai qu’elle voulait me ramener à cette époque où je me promenais en poncho avec un bandeau de squaw autour de la tête! Mais quel était le lien entre ce qu’elle avait pu vivre il y a 60 ans et l’état actuel de la planète? Et de quelles sortes de mines antipersonnel parlait-elle au juste? J’allais sûrement mieux le découvrir en suivant Marie dans ses péripéties. Pourquoi prendre le risque de passer pour une inculte?

J’avais beau être une journaliste aguerrie, mes neurones avaient besoin de se reposer. J’ai prétexté que je devais aller aux toilettes, rien de mieux pour se ramener sur le plancher des vaches! Une fois la porte de la salle de bain fermée, mon reflet dans le miroir m’a rassurée : j’étais toujours là, et mon nez, ma bouche, mes yeux, à leur place habituelle. Je me suis donné des tapes sur les joues en me disant : ‘Ça va aller… ça a va aller’ comme je faisais, toute petite, pour ma grand-mère alitée et malade que je trouvais pâlotte. Pendant que personne ne me surveillait, je me précipitais dans sa chambre, grimpais de peine et de misère sur son lit haut perché et m’empressais de lui donner ce que j’appelais des tapes d’amour sur les joues pour qu’elle retrouve ses couleurs. D’une voix chevrotante, elle appelait mon père au secours. La peur me prenait aux tripes quand j’entendais son pas lourd et pressé s’approcher. Dès son apparition impériale dans le cadre de portes, ses yeux me lançaient des flèches empoisonnées de reproches et il m’arrachait net-fret-sec à grand-maman sans rien comprendre de mon œuvre humanitaire. J’étais quitte pour un sermon bien beurré.

Quand j’ai entendu le bruit d’une chasse d’eau, j’ai fait le saut. Moi qui me pensais seule, je me suis retrouvée nez à nez avec une voisine de table. J’ai arrêté mon petit rituel et lui ai fait un sourire de convenance. Pour masquer ma gêne, je me suis retournée vers le séchoir et j’ai fait semblant de me sécher les mains. L’image de ces toilettes de films où un malfaiteur sort par une fenêtre étroite pour échapper à un poursuivant m’est passée par la tête.  Peut-être était-il encore temps de fuir? Mais non! Aucune fenêtre à l’horizon. De toute façon, avec mon gabarit imposant, on m’aurait sûrement retrouvée sciée en deux par le cadre de fenêtre. Courage ma fille! 

En revenant à la salle à manger, devinez ce que j’ai vu? Notre Marie nationale qui aidait Ting-Ting à desservir la table de nos voisins! Elle faisait une petite révérence à chacun, prenait cérémonieusement leur assiette et la déposait sur le chariot de Ting-Ting qui essayait de l’en dissuader en riant. Tout le monde avait l’air de s’amuser. Y a pas à dire, j’avais manqué le party! Dès qu’elle m’a vue, Marie a fait une dernière révérence à nos voisins et est revenue sur sa banquette.

Est-ce que l’ordinaire de son cœur avait capté ma fragilité? Elle a aussitôt avancé sa main pour tapoter affectueusement la mienne. Puis elle a repris la conversation là où on l’avait laissée. Elle m’a avoué qu’elle n’avait pas pu jouir éternellement de sa fête exquise. Après une présence prolongée au Mexique dans la peau de Notre-Dame de la Guadalupe, un séjour éclair  dans mon village à Rocheville et un repos forcé, le Grand Manitout des Poètes Sans Fils (PSF) lui aurait annoncé qu’elle devait repasser à l’action.

— Les Poètes Sans Fils? Dans tout ce que j’ai lu sur l’au-delà, je n’ai jamais entendu parler de ces poètes déconnectés.

Les yeux brillants comme des cierges, elle m’a expliqué avec moult gestes et expressions faciales, que même un sourd aurait pu interpréter avec bonheur :

— C’est des Poètes allumeurs qui pratiquent la magie du relié.

— La magie du relié?

Pas question que je manque un mot de sa réponse! Les mains appuyées sur la table, je me suis soulevée légèrement de mon siège pour me pencher au-dessus de mon plat.

— Oui y tissent des liens de coeur qui font jaillir de tous les racoins les friandises de la vie énamourée.

L’image du comptoir de bonbons de mémère Bonenfant à Rocheville, avec ses gros pots en verre pleins de jujubes pétants de couleurs, de réglisses rouges et noires entortillées, de caramels dorés bedonnants et de gommes ballounes roses affriolantes, est passée en trombe dans ma tête. Je me suis empressée de revenir à des choses plus sérieuses.

— Pourquoi on les appelle les Poètes Sans Fils s’ils tissent des liens?

— Pour être complices avec touttt, y faut que leur cœur ait pas les mains ni les pieds liés.

— D’accord, mais qu’est-ce que vous entendez par les friandises de la vie?

— Toutes les couleurs et les saveurs de la vie pour nous faire pétiller comme du 7-Up!  

Je ne sais pas si c’était l’œuvre de ces Poètes allumeurs, mais ses mots ont fait des feux d’artifice dans mon esprit.

— Ça doit faire de la belle poésie!

Les yeux au plafond et la bouche ouverte, elle a tapé dans ses mains avant de les serrer fort ensemble comme si elle voyait apparaître les PSF en personne. J’ai levé les yeux à mon tour. Mal m’en prit. Une grosse boule faite de mini miroirs clinquants, semblable à celles qu’on voyait dans les discothèques de ma jeunesse, en mettait plein la vue avec ses paillettes de pacotille. Le comble du quétaine! Heureusement Marie m’a sauvée de cette vision décadente. Elle s’est exclamée en riant :

— Mettez-en! C’est des muses ébouriffantes qui créent du merveilleux pis du délicieux à partir de tout!

Mmm… fantasmer et manger, mes deux péchés mignons! Je commençais à les aimer ces pouets pouets là, même si je me doutais que ce n’est pas exactement ce qu’ils voulaient dire.

J’ai été ébouriffée pas à peu près d’apprendre ensuite que les PSF avaient confié à Marie un nouveau rôle. Croyez-le ou non, ils lui ont demandé de se glisser dans la peau d’une chamane de rue. Adios la ‘statue quo’! Ce croisement entre chamane et travailleuse de rue m’a tout de suite fascinée.

— Ah! c’est pour ça qu’on vous avait fait emprunter l’apparence d’une slameuse tatouée avec des baskets olé olé?

— Woilà! Vous avez tout compris! Y faut que le cœur descende dans cave pis dans rue…

Coudonc, ils étaient plus branchés que je pensais ces sans fils-là! Ça m’excitait. J’imaginais déjà ma voisine du fond des bois s’extasier en apprenant la nouvelle. Bien entendu, elle en profiterait pour m’encenser de sauge en disant : « Namasté » afin de purifier mon aura. Mais je ne comprenais pas pourquoi on avait confié ce mandat si inhabituel à Marie. Sa réponse a jailli comme une évidence.

— L’amour c’est le Big Bang du monde. Mais la compassion à vol d’oiseau est pus de taille avec le virus de la violence tapie qui s’éparpille partout. Fait qu’y faut faire accoucher à ras le monde le cœur qui bat pour tout, le coeur qui se pousse de personne. Pis pour accoucher, ben y faut une femme.

Sans crier gare, elle a soulevé la nappe et sa tête a disparu sous la table. J’étais bouche bée. J’ai vu du coin de l’œil nos voisins de droite nous observer. Je me suis tournée vers eux : l’homme et la femme me regardaient, interloqués, avec un sourire en coin. J’ai haussé les épaules l’air de dire ‘je n’en sais pas plus que vous’.

À ce moment-là, la voix étouffée de Marie m’est parvenue de sous la nappe :

— Y’a beaucoup de violence au noir, Solange.

Je me demandais de quoi elle parlait. J’ai tout de suite pensé à la violence au Moyen-Orient, mais comme elle est loin d’être cachée, je lui ai demandé à quoi elle faisait allusion. Sa tête a rebondi à l’air libre. Elle a passé une main dans ses cheveux ébouriffés et m’a fixée intensément.

— La violence intime masquée qui se lève de mauvaise humeur. Contre vous, vos sœurs, vos frères, les abeilles, les baleines, les maringouins, l’air, la mer, les glaciers, la terre, la beauté de tout le monde quoi!

— Ah! O.K. okééé! Je vois, c’est ce que vous vouliez dire par mines antipersonnel.

J’ai ressenti un malaise sourd. Moi qui étais si prompte à dénoncer les barbares qui secouent l’échiquier international ou qui polluent la planète, ça ne faisait pas mon bonheur que Marie mette sur le même plan les violences contre soi et les autres dans nos vies quotidiennes. Je me sentais concernée et je n’avais aucune envie d’aller approfondir la question.

Ça tombait pile : notre gentille Ting-Ting est arrivée avec la carte des desserts. Marie s’est émerveillée devant leurs noms exotiques. Elle a tapé des mains en levant les yeux au ciel. On aurait dit qu’elle faisait une prière aux dieux des desserts : « Ah! Tous ces noms à croquer, c’es-tu assez charmant! C’est un jardin de régals tropicaux. » Les yeux rieurs, elle s’est retournée vers Ting-Ting : « Je gage qu’un gâteau de lune, c’est un gâteau qui a marché sur la lune! Des beignets de banane, c’est un manège de bananes? Litchi! Litchi! Tourner ce mot là dans ma bouche, c’est le déguster tout rond! »

Ting-Ting riait. Marie a hésité : gâteau de lune ou beignet aux bananes? Elle a demandé à Ting-Ting de tourner le menu dans tous les sens. Puis elle a fermé les yeux comme si elle jouait à colin-maillard. Elle y a posé son index au hasard. L’heureux élu : le beignet aux bananes!

Comment faisait-elle pour prendre autant de plaisir à la moindre chose? Pour une sainte, elle avait l’air pas mal joueuse et jouisseuse. On était à des milles de l’austérité de la religion de mon enfance. Pour ma part, j’ai fini par commander un sorbet aux litchis. Marie a joint les mains. Ce geste qu’elle répétait comme un tic devait être un reliquat de sa pratique intensive de la prière pendant des siècles et des siècles. Elle a soulevé les épaules, pris un beau grand respir de contentement et m’a lancé avec la ferveur d’une dévote de Krishna : « J’adore le monde chinois. »

Ting-Ting a fait une petite révérence à Marie et est repartie chercher nos desserts, sa fidèle queue de cheval se faisant aller de plus belle sur son uniforme émeraude. Je voulais en savoir plus sur la nouvelle affectation de Marie.

— Je vous imagine facilement en chamane. Par contre, je vois mal la Sainte Vierge en travailleuse de rue!

Elle a opiné du bonnet.

— Bis! Mais vous allez voir, j’ai eu mes épreuves à Rocheville pour être au poil.

— Ah! oui? C’est spécial! Avec ça, vous vous sentiez assez préparée?

— À peu près. Pis t’sais tout le monde est incorporé dans tout le monde. Avec toute l’humanité sous le nez, on se débrouille dans la rue.

Ma foi, nous voilà plongées en plein cœur du Tôutt est dans Tôutt de Raoul Duguay. Ça m’a rappelé ce livre que j’ai tant aimé, ‘Le Tao de la physique’ de Fritjof Capra. Lors de sa parution en 1977, j’en avais même fait la recension dans ‘LE’ journal alternatif du coin et j’avais gardé pendant des années cette phrase collée sur mon frigo : « Toutes les particules (physiques) sont dynamiquement composées les unes des autres d’une façon cohérente en soi, et en ce sens, on peut dire qu’elles se contiennent les unes les autres. Dans cette théorie, l’accent est mis sur l’interaction, ou l’interpénétration de toutes les particules. »

Avec sa version simplifiée et humanisée de ce concept, Marie éveillait en moi le souvenir de ces temps d’utopie où l’espoir était notre pain quotidien. Pour ne pas être envahie par la nostalgie, j’ai fait une pointe d’humour.

— Avoir su, j’aurais épousseté mon monde intérieur avant d’abriter une personnalité haut de gamme comme vous!

— Ha! Ha! Ha! J’ai rien contre les hauts de gamme, mais j’suis plus acoquinée avec les bas de gamme Solange! Y cachent des trésors pis c’est commode : je dois aller pêcher dans nos bas-fonds communautaires pour cette vocation.

Des trésors?! Moi qui rêvais de m’élever sur des plans de plus en plus subtils, les bas de gamme ne m’attiraient pas. Sur ce, Ting-Ting est arrivée avec nos desserts. Marie a aussitôt saisi le beignet avec ses doigts. « Ouch! c’est chaud! » Après avoir attendu une couple de minutes, elle en a avalé une bouchée, puis une autre… et une autre… et s’est léché les doigts. Après sa dernière bouchée, elle a fait un smack sonore en disant qu’elle s’était « délecté les babines » à son goût. Pendant que je la regardais manger, mon sorbet aux litchis avait eu le temps de commencer à fondre.

Tout en m’y attaquant, je lui ai demandé si je faisais partie des bas de gamme pour elle. Au lieu de me répondre, Marie s’est penchée vers moi pour me chanter en douce l’Ave Maria de Schubert. Ponctué par la cithare qui jouait en sourdine dans le resto, ce chant m’a touchée à l’os. J’en ai eu les larmes aux yeux, comme chaque fois que je l’entendais à l’église quand j’étais jeune. Je perdais tellement la notion du temps qu’on devait me taper sur l’épaule pour que je m’agenouille comme tout le monde. Depuis, lorsque je l’écoute, je réentends la voix singulière de Marie à mon oreille. Cette fois-ci, c’est elle qui m’a tapé sur l’épaule.

— Vous avez vu Solange? Les notes se moquent d’être en haut ou en bas de la gamme pour lancer leurs Ave Maria pis leurs alléluias! Les notes hautes et basses se font de l’œil, se lancent la balle, se marient, se font saillir et swinger en cadence pour donner leur jus full vibrant ensemble.

Je ne sais pas si elle connaissait Réal Béland et son personnage d’ado, mais son expression me parlait.

— Donner leur jus full vibrant, j’aime ça!

— Tant mieux! Y faut que tes mots fassent pareil pour qu’y deviennent des élixirs.

— Des élixirs?

— Oui, comme des smoothies qui font roucouler, pétiller, fleurir la vie.

— Comment ils font ça?

— Y faut qu’y soient charriés par un grand cœur échevelé de liberté, palpitant d’amour fou pour la vie qui bat dans tout. Là y peuvent butiner le miel de la réalité pour enfanter une vie enchantée, colorée, parfumée de bontés.

— Wow! Je ne pensais jamais que j’aurais à butiner comme les abeilles!

— « Nous sommes les abeilles de l’Univers », ça vous dit rien?

J’ai complété la citation de Rainer Maria Rilke en me disant qu’on l’avait bien renseignée sur mes auteurs favoris :

« Nous butinons éperdument le miel du visible pour l’accumuler dans la grande ruche d’or de l’invisible. »

Marie ne m’écoutait plus. Elle zieutait mon assiette où il ne restait que deux bouchées de sorbet. Je ne savais pas si c’était plus impoli de lui en offrir ou de ne pas lui en offrir. Devant son regard d’envie, j’ai opté pour la première. J’avais à peine dit « Aimeriez-vous une bouchée de… » qu’elle a dit « Ouiii Merci!!! » et en a pris avec sa cuillère. Quelle gourmande! Pour être fidèle aux faits, est-ce que j’allais devoir écrire sur la Sainte Vierge chez les Weight Watchers? En tout cas, ses PSF avaient dû oublier de lui enseigner la bienséance et le danger des microbes transmis par la salive. Mais, si la salive d’une ‘Marie pleine de grâces’ était aussi miraculeuse que celle de son Jésus qui s’en serait servie pour guérir un aveugle de naissance, j’avais tout intérêt à ‘frencher’ ce qui me restait de sorbet avec la même délectation qu’elle.

— Oh! C’est charmant ce goût exotique, mais c’est si froid!

À peine avait-elle fini de se régaler qu’elle est repartie sur les mots élixirs :

— Pour que les mots butinent le miel de la vie, les PSF m’ont mis la puce à l’oreille : on doit passer trois portillons. Y m’ont ameutée aussi sur le Dragon vert.

— Trois portillons? Lesquels?

— J’vous en parlerai plus tard, faut pas qu’on se perde sur la carte… pis j’les sais pas toutt. On va farfouiller ensemble.

— Vous m’intriguez… C’est dans les portillons qu’on rencontrerait un Dragon?

— J’pense, oui. C’est une belle fable vous trouvez pas?

Oui, une belle fable, disons. Je dois vous avouer que j’étais séduite par cette sorte de poésie. J’ai toujours rêvé d’une écriture qui m’allume et me réchauffe autant que ceux pour qui j’écrirais. Une écriture qui fait fleurir la vie et nous fait jeter un regard neuf sur le monde en nous et autour de nous. Mais un grand cœur échevelé d’amour qui butine comme une abeille, je ne savais pas ce que ça mange en hiver. Marie dirait sans doute le miel de la vie enchantée ou quelque chose du genre. Ma curiosité me poussait à aller plus loin pour voir comment cette promesse de conte de fées tiendrait la route au ras des pâquerettes. Reste que l’idée de traverser ces trois portillons au Dragon avec cette femme brassante ne me souriait pas tant que ça. Déjà que je n’avais pas apprécié sa remarque sur ma tendance à esthétiser le réel.

Le vernis du faux-pur, le poids du sans-faute, les mots élixirs, la magie des liens, les trois portillons, le Dragon, la violence tapie qui se réveille de mauvaise humeur… Ce maelstrom qui avait l’air de graviter autour d’un cœur enchanteur me donnait le tournis. À force de tomber en bas de ma chaise, je commençais à avoir les foufounes endolories.

Mais je dois dire que ça me faisait saliver d’imaginer mes mots comme des élixirs full vibrants et mon cœur échevelé de liberté, palpitant d’amour fou qui galope, crinière au vent, pour créer et faire roucouler la vie. Et je me confortais en me disant qu’on m’avait choisie entre tous pour pénétrer dans l’intimité jusqu’ici bien gardée de cette supposée envoyée des hautes sphères… si jamais c’était le cas.

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